📌 Pas le temps de tout lire ? EN BREF:
Non, dormir avant minuit n’est pas intrinsèquement meilleur pour la santé. Aucune étude ne montre que le passage de minuit diminue la qualité du sommeil. En revanche, les personnes qui se couchent très tard présentent souvent une moins bonne santé, principalement parce qu’elles dorment moins, ont des horaires plus irréguliers ou vivent en décalage avec leur horloge biologique.
Pour bien récupérer, concentrez-vous surtout sur ces 4 piliers :
- Dormir 7 à 9 heures par nuit (pour la plupart des adultes).
- Garder des horaires de coucher et de lever réguliers.
- Respecter votre rythme circadien, notamment grâce à la lumière naturelle le matin.
- Favoriser une bonne récupération en limitant l’alcool, les repas copieux, les écrans tardifs et en dormant dans une chambre calme, sombre et fraîche.
💡 Pour trouver votre meilleur horaire de sommeil, il est souvent plus utile d’observer votre propre rythme que d’appliquer une règle générale comme « dormir avant minuit ». C’est pourquoi j’utilise l’Ultrahuman Ring Air, une bague connectée qui permet de suivre son sommeil, sa fréquence cardiaque, sa variabilité cardiaque (HRV), sa température cutanée et son rythme circadien afin de mieux comprendre son fonctionnement sur plusieurs semaines. Ce n’est pas un dispositif médical, mais un excellent outil pour expérimenter et ajuster ses habitudes.
👉 Profitez de -10 % sur l’Ultrahuman Ring Air avec le code UHDOUDONS10 en passant par mon lien partenaire !
« Une heure de sommeil avant minuit vaut deux heures après minuit. »
Qui n’a jamais entendu cette phrase ? Elle traverse les générations, au point de sembler relever de l’évidence. Pourtant, lorsqu’on demande sur quoi elle repose réellement, les réponses deviennent souvent beaucoup plus floues. Est-ce une vieille croyance populaire ? Une règle inventée par nos grands-parents pour nous envoyer au lit plus tôt ? Ou cache-t-elle une part de vérité que la science a fini par confirmer ?
À première vue, les recherches semblent aller dans ce sens. Plusieurs grandes études montrent en effet que les personnes qui se couchent tard présentent, en moyenne, davantage de problèmes de santé, notamment cardiovasculaires et métaboliques (Chaput 2020). Cette observation pourrait laisser penser que minuit constitue une sorte de frontière biologique, après laquelle le sommeil perdrait de sa valeur.
Mais les apparences sont parfois trompeuses.
Car lorsqu’on regarde de plus près les mécanismes du sommeil, une autre histoire se dessine. Une histoire dans laquelle l’heure affichée sur votre réveil joue finalement un rôle bien moins important que ce que l’on imagine.
Alors, le sommeil avant minuit compte-t-il vraiment davantage ? Ou posons-nous simplement la mauvaise question depuis le début ?
Sommaire :
- 1 Les études montrent-elles vraiment qu'il faut se coucher tôt ?
- 2 Pourquoi dit-on qu'une heure avant minuit vaut deux heures ?
- 3 Ce qui compte vraiment : votre horloge biologique
- 4 Le chronotype : nous ne sommes pas tous faits pour dormir à la même heure
- 5 Pourquoi dormir tard peut malgré tout être un problème
- 6 Alors… comment trouver VOTRE meilleur horaire ?
- 7 Les 4 facteurs qui comptent beaucoup plus que minuit
- 8 Conclusion : faut-il vraiment dormir avant minuit ?
- 9 FAQ
- 9.0.1 Une heure de sommeil avant minuit vaut-elle vraiment deux heures après ?
- 9.0.2 Est-il préférable de dormir avant minuit ?
- 9.0.3 Quelle est la meilleure heure pour aller se coucher ?
- 9.0.4 Dormir après minuit est-il mauvais pour la santé ?
- 9.0.5 Quels sont les facteurs les plus importants pour bien dormir ?
- 10 SOURCES
Les études montrent-elles vraiment qu'il faut se coucher tôt ?
Se coucher tard semble être associé à une moins bonne santé.
Et cette conclusion ne vient pas d’une seule petite étude isolée.
En 2020, Chaput et ses collègues ont analysé des dizaines et des dizaines de travaux scientifiques portant sur les horaires de sommeil, leur régularité et leurs liens avec la santé.
Résultat :
Les personnes qui se couchaient plus tard, ou qui changeaient souvent d’horaires, présentaient généralement davantage de problèmes.
Alors on pourrait s’arrêter ici.
Sauf qu’il y a un problème.
Un très gros problème.
Un détail qui change complètement l’interprétation.
Ces études montrent une association.
Pas forcément une relation de cause à effet.
C’est une distinction essentielle en science : celle entre association et causalité.
Imaginons que l’on observe que les personnes possédant un briquet développent plus souvent un cancer du poumon.
Peut-on conclure que les briquets provoquent le cancer ?
Bien sûr que non.
Le briquet n’est qu’un indice. Le véritable facteur est le tabagisme, qui est associé à la fois au fait de posséder un briquet et au risque de cancer.
Pour le sommeil, le raisonnement est exactement le même.
Les grandes études montrent effectivement qu’un coucher tardif est souvent associé à une moins bonne santé. Mais elles ne permettent pas, à elles seules, d’affirmer que l’heure du coucher est directement responsable.
Les personnes qui se couchent tard dorment parfois moins longtemps, travaillent en horaires décalés, utilisent davantage les écrans en soirée, mangent plus tard, consomment plus d’alcool ou présentent des rythmes de vie plus irréguliers.
Autrement dit, le coucher tardif pourrait n’être qu’un marqueur d’un ensemble d’habitudes moins favorables à la santé.
Cela ne signifie pas que l’heure du coucher soit sans importance.
Cela signifie simplement qu’avant d’accuser minuit, il faut identifier le véritable responsable.
Pourquoi dit-on qu'une heure avant minuit vaut deux heures ?
Toutes les croyances populaires ne sont pas fausses. Certaines sont même nées de l’observation attentive de phénomènes bien réels, avant d’être simplifiées au fil du temps.
L’idée selon laquelle le sommeil avant minuit serait plus réparateur en fait probablement partie.
Un sommeil qui n'est pas uniforme
Lorsque l’on dort, notre cerveau ne traverse pas une nuit uniforme. Il alterne plusieurs états de sommeil — léger, profond et paradoxal — qui se succèdent selon une organisation très précise (Bes 1991). Les premiers cycles de la nuit contiennent généralement une plus grande proportion de sommeil profond, tandis que les derniers sont davantage dominés par le sommeil paradoxal.
Or, le sommeil profond joue un rôle essentiel dans la récupération physique. C’est durant cette période que l’organisme participe notamment à la réparation des tissus, au soutien du système immunitaire et à de nombreux processus indispensables au bon fonctionnement du corps.
À l’inverse, le sommeil paradoxal intervient davantage dans la consolidation de la mémoire, les apprentissages et la régulation émotionnelle (Cajochen 2024).
Cette répartition explique pourquoi les premières heures de sommeil donnent souvent la sensation d’être les plus réparatrices.
Si vous vous couchez à 22 h 30, une grande partie de ce sommeil profond se déroule effectivement avant minuit. Il devient alors facile de conclure que c’est l’heure qui fait toute la différence.
Pourtant, cette conclusion est trompeuse.
Le sommeil profond n’apparaît pas parce que l’horloge indique 22 heures ou 23 heures. Il apparaît avant tout parce qu’il correspond au début de votre nuit.
C’est une nuance qui change complètement notre manière de comprendre le sommeil.
La pression du sommeil : Pourquoi les premières heures de sommeil semblent-elles plus réparatrices ?
Pour comprendre cette impression, il faut s’intéresser à l’un des grands mécanismes qui gouvernent notre sommeil : la pression de sommeil.
Tout au long de la journée, notre cerveau accumule progressivement un besoin de dormir. Plus nous restons éveillés, plus cette pression augmente, un peu comme un ressort que l’on comprime lentement.
Lorsque nous nous endormons enfin, cette pression commence à se relâcher.
C’est précisément au début de la nuit que cette pression est la plus forte. Le cerveau produit alors davantage de sommeil profond, celui qui participe principalement à la récupération physique.
Au fil des cycles, cette pression diminue progressivement. Le sommeil profond devient moins abondant, tandis que le sommeil paradoxal occupe une place de plus en plus importante (Borbély 2022).
Autrement dit, les premières heures de sommeil sont souvent les plus réparatrices, non pas parce qu’elles ont lieu avant minuit, mais parce qu’elles correspondent au début naturel de votre période de sommeil.
Si vous décalez exceptionnellement votre coucher tout en dormant suffisamment longtemps, cette architecture du sommeil se décalera elle aussi.
Votre cerveau ne regarde pas sa montre.
Il suit un programme biologique bien plus ancien que nos fuseaux horaires.
Ce qui compte vraiment : votre horloge biologique
Pour s’en convaincre, imaginons un voyage.
Vous prenez un avion pour Montréal. Pendant le vol, votre téléphone change automatiquement d’heure. En quelques secondes, il affiche un nouveau fuseau horaire.
Pourtant, personne ne s’endort instantanément parce que sa montre indique désormais 22 heures au lieu de 4 heures du matin.
Votre cerveau, lui, continue de fonctionner pendant plusieurs jours selon son ancienne heure.
C’est ce que nous appelons le décalage horaire.
Cette simple observation montre que notre sommeil n’obéit pas directement aux chiffres affichés sur une horloge. Il est piloté par une véritable horloge biologique interne (Gonissen 2013), un système extraordinairement précis qui régule non seulement notre sommeil, mais aussi notre vigilance, notre température corporelle, notre sécrétion hormonale et de nombreuses autres fonctions physiologiques (Czeisler 2007).
Le principal chef d’orchestre de cette horloge n’est pas l’heure officielle.
C’est la lumière.
L’exposition à la lumière naturelle le matin indique à notre cerveau que la journée commence. À l’inverse, lorsque la luminosité diminue en soirée, l’organisme enclenche progressivement les mécanismes qui favorisent l’endormissement (Burgess 2003).
Les horaires d’activité et de repas jouent également un petit rôle…
Mais cette horloge interne n’est pas réglée exactement de la même manière chez tout le monde (Mongrain 2005)…
Le chronotype : nous ne sommes pas tous faits pour dormir à la même heure
Si notre horloge biologique est si importante, une question s’impose : est-elle identique chez tout le monde ?
La réponse est non.
Vous connaissez probablement quelqu’un qui lutte pour rester éveillé après 21 h 30. À l’inverse, vous avez peut-être un proche qui semble déborder d’énergie à minuit, sans le moindre effort.
Cette différence porte un nom : le chronotype, c’est-à-dire une prédisposition naturelle à être plus actif le matin ou, au contraire, en soirée.
Cette préférence évolue au cours de la vie — les adolescents sont souvent plus tardifs que les jeunes enfants ou les personnes âgées.
Pendant longtemps, on a attribué ces différences à des habitudes de vie ou à un manque de volonté. Pourtant, la recherche raconte une tout autre histoire.
En effet, le chronotype dépend de nombreux facteurs, parmi lesquels l’âge, les habitudes de vie, l’exposition à la lumière… mais aussi notre patrimoine génétique.
En 2019, une étude portant sur près de 700 000 personnes a d’ailleurs identifié des centaines de variations génétiques associées au chronotype (Dashti 2019).
Autrement dit, une partie de notre tendance à être « couche-tôt » ou « couche-tard » est inscrite dans notre biologie.
Nous ne sommes pas tous programmés pour nous endormir à la même heure.
Et c’est probablement là que commence la véritable réponse à notre question.
Cela ne signifie pas que nous pouvons totalement échapper à notre environnement. La lumière, les horaires de travail, les habitudes familiales ou encore les écrans influencent eux aussi notre rythme de sommeil.
Mais cela rappelle une chose essentielle : il n’existe pas une heure idéale universelle.
Une personne qui s’endort naturellement à 21 h 30 n’est pas plus vertueuse qu’une autre qui s’endort spontanément à 23 h 30.
L’important est ailleurs : dormir à un horaire qui respecte autant que possible le fonctionnement de sa propre horloge biologique.
Pourquoi dormir tard peut malgré tout être un problème
À ce stade, on pourrait être tenté d’en conclure que l’heure du coucher n’a finalement aucune importance.
Ce serait aller un peu vite.
Car si les études associent régulièrement les couchers tardifs à une moins bonne santé, ce n’est probablement pas un hasard. Elles mettent simplement en évidence un phénomène plus complexe qu’il n’y paraît.
Prenons deux personnes.
Toutes deux se couchent à 1 h 30 du matin.
La première se réveille naturellement vers 9 h 30. Elle dort suffisamment, respecte un horaire stable et se sent reposée au réveil.
La seconde doit se lever à 6 h 30 pour aller travailler.
Sur le papier, leur heure de coucher est identique.
Biologiquement, leur situation est pourtant complètement différente.
La première respecte encore ses besoins de sommeil. La seconde accumule, nuit après nuit, une dette de sommeil.
Et cette dette ne disparaît pas parce que l’on dort un peu plus le week-end.
Bien souvent, le samedi matin devient une séance de rattrapage. On se lève tard, puis le dimanche soir il devient difficile de s’endormir à une heure raisonnable. Le lundi matin, le réveil paraît encore plus brutal.
Le cycle recommence.
Les chercheurs parlent alors de jetlag social : un décalage permanent entre notre horloge biologique et les contraintes imposées par nos horaires de travail ou de vie.
Plusieurs études l’associent à davantage de fatigue, à une moins bonne santé métabolique et cardiovasculaire (Scheer 2009 ; Rutters 2014).
C’est probablement là que réside une grande partie du problème.
Dormir tard n’est pas forcément mauvais en soi.
Ce qui devient problématique, c’est de dormir tard tout en étant obligé de se lever tôt, ou de changer constamment d’horaires.
Autrement dit, le véritable ennemi n’est pas minuit.
C’est le conflit permanent entre notre biologie et notre mode de vie.
Alors… comment trouver VOTRE meilleur horaire ?
Maintenant que l’on comprend pourquoi dormir tard peut poser problème, il reste une question essentielle.
Comment savoir, concrètement, quel horaire est le meilleur pour vous ?
Parce qu’il n’existe pas une heure idéale valable pour tout le monde.
En revanche, il existe souvent une heure qui vous convient mieux que les autres.
Pendant longtemps, la seule méthode consistait à écouter ses sensations.
Est-ce que je me réveille facilement ?
Est-ce que je suis en forme toute la journée ?
Est-ce que j’ai besoin de trois cafés pour fonctionner ?
Ces questions restent essentielles.
Le problème, c’est que notre cerveau évalue mal son propre manque de sommeil.
C’est exactement pour cette raison que je me suis intéressé aux objets connectés.
Par exemple, l’Ultrahuman Ring Air, une bague connectée qui vous permet d’observer comment votre organisme réagit… au lieu d’appliquer une croyance comme « il faut dormir avant minuit ».
Contrairement à une montre, elle est légère, discrète et elle se fait vite oublier pendant la nuit.
Mais son véritable intérêt est ailleurs.
Je ne l’utilise pas pour obtenir une note, comme un juge.
Je l’utilise comme un carnet de bord pour suivre l’évolution de mes nuits.
Chaque matin, je peux retrouver ma durée réelle de sommeil, les réveils nocturnes, ma fréquence cardiaque pendant la nuit et sa variabilité — la fameuse HRV —, ma température cutanée, mais aussi des indicateurs liés à mon rythme circadien.
Et ça change tout.
Je peux faire de petites expériences.
Par exemple, je peux avancer mon coucher d’une demi-heure pendant plusieurs jours.
Puis le retarder la semaine suivante.
Et observer ce qui change réellement.
Est-ce que je récupère mieux ?
Est-ce que mes sensations correspondent réellement aux données ?
Autrement dit, au lieu de croire qu’il existe une heure parfaite pour tout le monde…
Je peux chercher celle qui fonctionne le mieux pour moi.
J’apprécie également le fait que l’application ne tire pas de conclusion après une seule nuit.
Lors de la mise en route, elle commence par une phase d’observation d’environ deux semaines afin d’estimer votre rythme circadien avant de personnaliser ses recommandations.
Évidemment, ce n’est pas un dispositif médical.
Et cela ne remplace absolument pas un bilan du sommeil si vous souffrez d’un véritable trouble.
En revanche, pour observer des tendances sur plusieurs semaines et mieux comprendre son propre fonctionnement, je trouve que c’est un outil vraiment pertinent.
Si ça vous intéresse, suivez le lien affilié avec un code promo pour la communauté Santé de Faire. -10% avec le code UHDOUDONS10
Les 4 facteurs qui comptent beaucoup plus que minuit
Nous avons vu comment trouver le bon horaire…
Mais faisons une dernière expérience.
Car à force de chercher l’heure parfaite pour se coucher, on finit parfois par oublier l’essentiel.
Imaginez deux personnes.
La première se couche tous les soirs à 22 heures.
Sur le papier, elle coche toutes les cases.
Pourtant, elle termine un repas copieux juste avant d’aller dormir, boit deux verres de vin, passe une heure sur son téléphone, dort dans une chambre surchauffée et doit se lever exceptionnellement deux heures plus tôt le lendemain.
La seconde se couche à 0 h 30.
Elle dort huit heures, garde des horaires réguliers, profite de la lumière naturelle dès le matin, limite les écrans en soirée et dort dans une chambre fraîche et calme.
Laquelle a probablement passé la meilleure nuit ?
Cette comparaison illustre une réalité souvent oubliée : l’heure du coucher n’est qu’un élément parmi beaucoup d’autres.
Aujourd’hui, les connaissances scientifiques mettent surtout en avant quatre grands piliers d’un sommeil de qualité.
Dormir suffisamment
Le premier est sans doute le plus évident.
Nous ne pouvons pas compenser un manque chronique de sommeil par une heure de coucher idéale.
Pour la majorité des adultes, les besoins en sommeil se situent entre sept et neuf heures de sommeil par nuit. Certaines personnes ont besoin d’un peu moins, comme les petits dormeurs, d’autres d’un peu plus, mais les écarts restent généralement modestes.
Dormir six heures chaque nuit parce que l’on se couche à 22 heures reste moins favorable que dormir huit heures à un horaire légèrement plus tardif, dès lors que celui-ci reste compatible avec son rythme biologique.
Avant de chercher l’heure parfaite, il est donc préférable de s’assurer que l’on dort suffisamment.
Dormir régulièrement
Notre cerveau apprécie les habitudes.
Il anticipe les périodes d’éveil comme les périodes de sommeil.
Lorsque nous conservons des horaires relativement stables d’un jour à l’autre, notre horloge biologique fonctionne avec davantage de précision.
À l’inverse, alterner des couchers très précoces pendant la semaine et très tardifs le week-end revient à changer régulièrement de fuseau horaire.
Cette irrégularité est aujourd’hui associée à une augmentation du risque de troubles métaboliques, cardiovasculaires et à une récupération moins efficace
(Huang 2020).
En 2023, un consensus scientifique a d’ailleurs identifié cette régularité comme l’un des déterminants majeurs de la santé, des performances et même de la sécurité au quotidien (Sletten 2023).
Certaines études suggèrent même qu’elle pourrait prédire le risque de mortalité encore mieux que la durée de sommeil elle-même (Windred 2024).
Autrement dit, mieux vaut souvent se coucher à peu près à la même heure chaque soir que chercher obstinément à dormir avant minuit.
Prêter attention à la lumière : Respecter son rythme circadien
Notre organisme fonctionne selon un rythme d’environ vingt-quatre heures.
Chaque matin, la lumière naturelle remet cette horloge à l’heure. Chaque soir, la baisse de luminosité prépare progressivement l’endormissement.
Nos habitudes peuvent toutefois brouiller ces signaux.
Une exposition insuffisante à la lumière du jour, des écrans très lumineux tard le soir ou des horaires très irréguliers perturbent progressivement ce système de synchronisation.
À l’inverse, quelques minutes de lumière naturelle dès le matin, associées à une diminution progressive de la lumière en soirée, constituent l’un des moyens les plus simples d’aider son horloge biologique à fonctionner correctement.
Le sommeil commence bien avant le moment où l’on éteint la lumière.
Il se prépare tout au long de la journée.
Favoriser une bonne récupération
Enfin, dormir longtemps ne garantit pas forcément de bien récupérer.
Deux personnes peuvent passer exactement huit heures au lit et se réveiller avec des sensations complètement différentes.
Pourquoi ?
Parce que la qualité du sommeil dépend aussi de tout ce qui l’entoure.
L’alcool fragmente le sommeil. Les repas très copieux retardent parfois l’endormissement. Le stress maintient le cerveau en état d’alerte. Une chambre trop chaude, le bruit ou les réveils nocturnes réduisent également la qualité de la récupération.
Autrement dit, le sommeil ne se résume jamais à une heure de coucher.
Il est le résultat d’un ensemble d’habitudes qui, mises bout à bout, construisent des nuits réparatrices… ou les empêchent.
Conclusion : faut-il vraiment dormir avant minuit ?
Revenons à notre question de départ.
Le sommeil avant minuit vaut-il réellement deux heures de sommeil après minuit ?
À la lumière des connaissances actuelles, la réponse est non.
Minuit ne possède aucun pouvoir particulier. Votre cerveau ne consulte pas votre montre avant de décider de produire du sommeil profond.
En revanche, il est vrai que les personnes qui se couchent très tard présentent, en moyenne, davantage de problèmes de santé.
Mais ce n’est probablement pas parce qu’elles franchissent le cap symbolique de minuit.
C’est surtout parce qu’un coucher tardif s’accompagne souvent d’autres facteurs bien plus déterminants : un sommeil trop court, des horaires irréguliers, un décalage avec l’horloge biologique ou encore des habitudes qui dégradent la qualité de la récupération.
Au fond, la véritable question n’est peut-être pas :
« Est-ce que je dors avant minuit ? »
Mais plutôt :
« Est-ce que je dors suffisamment, régulièrement et à un horaire qui respecte mon horloge biologique ? »
C’est probablement là que se trouve la meilleure définition d’une bonne nuit de sommeil.
FAQ
Une heure de sommeil avant minuit vaut-elle vraiment deux heures après ?
Non. Les connaissances scientifiques actuelles ne confirment pas cette affirmation. Cette croyance vient probablement du fait que le sommeil profond, essentiel à la récupération physique, est plus abondant au début de la nuit. Mais ce sommeil profond apparaît surtout au début de votre période de sommeil, quelle que soit l’heure affichée sur votre réveil.
Est-il préférable de dormir avant minuit ?
Pas forcément. Il n’existe pas d’heure universelle idéale pour aller se coucher. Ce qui compte le plus est de dormir suffisamment, de conserver des horaires réguliers et de respecter autant que possible son horloge biologique. Une personne qui se couche après minuit peut parfaitement bénéficier d’un sommeil réparateur si ces conditions sont réunies.
Quelle est la meilleure heure pour aller se coucher ?
Il n’existe pas de réponse unique. L’heure idéale dépend de votre chronotype, de vos besoins de sommeil, de votre âge et de vos contraintes quotidiennes. Le meilleur horaire est celui qui vous permet de dormir suffisamment tout en vous réveillant reposé, sans devoir lutter contre votre réveil chaque matin.
Dormir après minuit est-il mauvais pour la santé ?
Dormir après minuit n’est pas mauvais en soi. En revanche, les personnes qui se couchent très tard dorment souvent moins longtemps, présentent des horaires plus irréguliers ou vivent en décalage avec leur horloge biologique. Ce sont probablement ces facteurs, plus que l’heure du coucher elle-même, qui expliquent l’association observée avec certaines maladies.
Quels sont les facteurs les plus importants pour bien dormir ?
L’heure du coucher n’est qu’un élément parmi d’autres. Les recherches montrent que les principaux déterminants d’un sommeil de qualité sont :
- dormir suffisamment (environ 7 à 9 heures pour la plupart des adultes) ;
- conserver des horaires réguliers ;
- respecter son rythme circadien, notamment grâce à une exposition à la lumière naturelle le matin ;
- favoriser une bonne récupération en limitant les écrans, l’alcool, les repas copieux le soir et en dormant dans un environnement calme, sombre et frais.
SOURCES
Chaput JP, Dutil C, Featherstone R, Ross R, Giangregorio L, Saunders TJ, Janssen I, Poitras VJ, Kho ME, Ross-White A, Zankar S, Carrier J. Sleep timing, sleep consistency, and health in adults: a systematic review. Appl Physiol Nutr Metab. 2020 Oct;45(10 (Suppl. 2)):S232-S247. doi: 10.1139/apnm-2020-0032. PMID: 33054339.
Borbély A. The two-process model of sleep regulation: Beginnings and outlook. J Sleep Res. 2022 Aug;31(4):e13598. doi: 10.1111/jsr.13598. Epub 2022 May 3. PMID: 35502706; PMCID: PMC9540767.
Bes F, Schulz H, Navelet Y, Salzarulo P. The distribution of slow-wave sleep across the night: a comparison for infants, children, and adults. Sleep. 1991 Feb;14(1):5-12. doi: 10.1093/sleep/14.1.5. PMID: 1811320.
Cajochen C, Reichert CF, Münch M, Gabel V, Stefani O, Chellappa SL, Schmidt C. Ultradian sleep cycles: Frequency, duration, and associations with individual and environmental factors-A retrospective study. Sleep Health. 2024 Feb;10(1S):S52-S62. doi: 10.1016/j.sleh.2023.09.002. Epub 2023 Oct 31. PMID: 37914631.
Czeisler CA, Gooley JJ. Sleep and circadian rhythms in humans. Cold Spring Harb Symp Quant Biol. 2007;72:579-97. doi: 10.1101/sqb.2007.72.064. PMID: 18419318.
Burgess HJ, Savic N, Sletten T, Roach G, Gilbert SS, Dawson D. The relationship between the dim light melatonin onset and sleep on a regular schedule in young healthy adults. Behav Sleep Med. 2003;1(2):102-14. doi: 10.1207/S15402010BSM0102_3. PMID: 15600132.
Dashti, HS, Jones, SE, Wood, AR et al. Une étude d’association pangénomique identifie des loci génétiques associés à la durée habituelle du sommeil autodéclarée, confirmée par des estimations issues d’accéléromètres. Nat Commun 10 , 1100 (2019). https://doi.org/10.1038/s41467-019-08917-4
Mongrain V, Carrier J, Dumont M. Chronotype and sex effects on sleep architecture and quantitative sleep EEG in healthy young adults. Sleep. 2005 Jul;28(7):819-27. doi: 10.1093/sleep/28.7.819. PMID: 16124660.
Gonnissen HK, Mazuy C, Rutters F, Martens EA, Adam TC, Westerterp-Plantenga MS. Sleep architecture when sleeping at an unusual circadian time and associations with insulin sensitivity. PLoS One. 2013 Aug 8;8(8):e72877. doi: 10.1371/journal.pone.0072877. PMID: 23951335; PMCID: PMC3738551.
Scheer FA, Hilton MF, Mantzoros CS, Shea SA. Adverse metabolic and cardiovascular consequences of circadian misalignment. Proc Natl Acad Sci U S A. 2009 Mar 17;106(11):4453-8. doi: 10.1073/pnas.0808180106. Epub 2009 Mar 2. PMID: 19255424; PMCID: PMC2657421.
Rutters F, Lemmens SG, Adam TC, Bremmer MA, Elders PJ, Nijpels G, Dekker JM. Is social jetlag associated with an adverse endocrine, behavioral, and cardiovascular risk profile? J Biol Rhythms. 2014 Oct;29(5):377-83. doi: 10.1177/0748730414550199. Epub 2014 Sep 24. PMID: 25252710.
Sletten TL, Weaver MD, Foster RG, Gozal D, Klerman EB, Rajaratnam SMW, Roenneberg T, Takahashi JS, Turek FW, Vitiello MV, Young MW, Czeisler CA. The importance of sleep regularity: a consensus statement of the National Sleep Foundation sleep timing and variability panel. Sleep Health. 2023 Dec;9(6):801-820. doi: 10.1016/j.sleh.2023.07.016. Epub 2023 Sep 7. PMID: 37684151.
Windred DP, Burns AC, Lane JM, Saxena R, Rutter MK, Cain SW, Phillips AJK. Sleep regularity is a stronger predictor of mortality risk than sleep duration: A prospective cohort study. Sleep. 2024 Jan 11;47(1):zsad253. doi: 10.1093/sleep/zsad253. PMID: 37738616; PMCID: PMC10782501.
Huang T, Mariani S, Redline S. Sleep Irregularity and Risk of Cardiovascular Events: The Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis. J Am Coll Cardiol. 2020 Mar 10;75(9):991-999. doi: 10.1016/j.jacc.2019.12.054. PMID: 32138974; PMCID: PMC7237955.




